DEUX TECHNIQUES POSSIBLES
L'imagery rescripting
L'Imagery Rescripting vise à rééduquer la réponse émotionnelle du patient face à des souvenirs douloureux. Au lieu de se souvenir passivement d'un événement traumatisant, le patient est encouragé à revisiter le souvenir avec l'aide d'un thérapeute, et à modifier l'événement en y intégrant des éléments de soutien et de sécurité.
L'exposition prolongée (prise en charge des troubles du stress post traumatique)
Le but de la thérapie par exposition prolongée (EP) est de confronter le patient non seulement aux souvenirs de son trauma mais également aux stimuli évocateurs du trauma.
L'exposition aux souvenirs du trauma se fait "en imagination" tandis que l'exposition aux stimuli évocateurs se fait "in vivo".
Pour l'exposition in vivo aux souvenirs du trauma, le principe est de faire "revivre" son trauma au patient, de le "revisiter" mais avec un nouveau point de vue, plus objectif pour mieux intégrer ce qui s'est passé. Des études ont montré qu'il y avait énormément de distorsions cognitives et de pensées dysfonctionnelles de la part du patient sur son trauma et que c'était ce qui bloquait l'intégration de l'événement traumatique.
Attention :
Un ou plusieurs entretiens seront nécessaires en amont du démarrage de l'imagery rescripting ou de l'exposition prolongée. Il est essentiel que votre psychologue évalue la situation avant de déterminer de la pertinence de la mise en œuvre de ces protocoles.
L'imagery rescripting : les étapes
1. Activer la scène
On invite la personne à replonger dans un souvenir marquant (souvent précoce ou émotionnellement chargé), en se concentrant sur : les images, les émotions, les sensations corporelles
👉 Objectif : accéder à l'expérience émotionnelle “telle qu’elle est stockée”.
2. Identifier ce qui a manqué
On explore : les besoins non satisfaits (sécurité, protection, soutien…) le vécu de l’enfant / de la personne à ce moment-là
👉 Objectif : mettre en lumière le cœur de la blessure émotionnelle.
3. Introduire une nouvelle issue
On propose de modifier activement le scénario :le patient adulte intervientle thérapeute peut entrer dans la scèneune figure aidante apparaît
👉 Objectif : reprendre du pouvoir dans la situation.
4. Réparer l’expérience
Les besoins identifiés sont symboliquement satisfaits dans l’imaginaire : être protégé, être rassuré, être reconnu
👉 Objectif : créer une expérience émotionnelle correctrice
.5. Ancrer et donner du sens
On fait le lien avec le présent : ce que cela change aujourd’hui, les nouvelles perceptions de soi / des autres, l’apaisement ressenti
👉 Objectif : transformer durablement les schémas internes.
Durée de la prise en charge : de 5 à 10 séances pour des souvenirs précis, des schémas spécifiques, parfois plus en fonction de la complexité des troubles.
L'exposition prolongée
1. Psychoéducation
On explique :
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le fonctionnement du trauma (mémoire, évitement, peur)
-
pourquoi les symptômes persistent
-
le rôle clé de l’évitement dans le maintien des difficultés
-
« la mémoire traumatique est un fichier mal classé qui déclenche une alarme à chaque fois qu’on effleure le tiroir — nous allons apprendre à le ranger correctement. »
👉 Objectif : donner du sens et favoriser l’adhésion.
2. Construction de la hiérarchie
On identifie avec la personne :
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les situations évitées
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les souvenirs douloureux
-
les déclencheurs
👉 Puis on classe du moins anxiogène au plus difficile.
3. Respiration contrôlée
Outil de régulation physiologique simple (inspiration sur 4 temps, expiration sur 6 temps), enseigné en première séance.
Ce n’est pas une technique de relaxation au sens classique, mais un ancrage qui permet au patient de constater qu’il peut moduler ses réponses physiologiques.
4. Exposition in vivo (dans la réalité)
La personne est encouragée à :
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se confronter progressivement aux situations évitées
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rester suffisamment longtemps pour que l’anxiété diminue
👉 Objectif : réapprendre que la situation n’est pas dangereuse.
5. Exposition imaginal
En séance, la personne :
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raconte en détail le souvenir traumatique
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au présent, à voix haute
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de manière répétée
👉 Objectif : traiter la mémoire traumatique et diminuer la détresse.
6. Répétition et intégration
-
Réécoute entre les séances (souvent via enregistrement)
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Répétition des expositions
-
Observation de la diminution progressive de l’anxiété
👉 Objectif : consolidation des apprentissages.
7. Traitement cognitif implicite
Sans restructuration formelle :
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les croyances évoluent naturellement
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(“je suis en danger” → “c’est du passé”)
👉 Objectif : modifier les associations peur / souvenir.
Durée : L’EP est un protocole court, typiquement mené en 9 à 15 séances hebdomadaires de 90 minutes. Cette brièveté relative est l’une de ses forces : elle est perçue par les patients comme un horizon atteignable, et par les institutions comme une modalité efficiente.
Quelques ressources :
Centre de ressources du psychotrauma grand Est
https://www.psychotrauma-grandest.fr/les-methodes-therapeutiques/
10 techniques pour s'aider après un traumatisme
https://cn2r.fr/wp-content/uploads/2024/02/Fiche_10_conseils_Cn2r.pdf
Le trauma c'est quoi? CN2R officiel
https://www.youtube.com/watch?v=oaabBtsgYgY
Dossier inserm sur le stress post traumatique
https://www.inserm.fr/dossier/troubles-stress-post-traumatique/
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Tarif :
80 euros / 60 minutes
